Après mon instant de poésie, mon coup de blues

6 juin 2016 |

C’est la gorge serrée, l’envie de pleurer, qui me conduisent à exprimer ma révolte.

J’en ai marre !! parce que né, avec un truc entre les jambes, ceux qui ont la science infuse, ont décidé pour moi,que je serai « un mâle »

J’en ai marre !! que cette vie, que je n’ai pas choisie, ce soit, à deux reprises, joué de moi, en m’affligeant ce dilemme sexuel et ce handicape visuel, qui me pourrissent la vie et me font crever à petit feu.

J’en ai marre !! que, depuis toutes ces années, je vie dans ce déguisement de mec, qui m’étouffe, et me renvois cette image que je ne supporte plus.

J’en ai marre !! que, à cause de ce même déguisement, j’ai du passer ma vie professionnelle, à côtoyer une bande de machos intolérants, à la mentalité étriquée.

J’en ai marre !! parce que, toujours à cause de ce même déguisement, et né d’une famille vieille école, très croyante, ou nous ne pouvions parler des choses sexuelles, ne sachant quel mal me rongeait, je me suis marié à une femme adorable, que j’ai entrainée dans mon histoire, qu’il m’est impossible de partager avec elle, et à qui j’ai fait un enfant. Parce que dans un couple normal, il faut des enfants pour faire perdurer la lignée.

J’en ai marre !! que, cette éthique que m’ont forgé mes parents, tel un carcan me fasse souffrir à l’idée d’un divorce, à l’idée de la souffrance que j’ affligerai à ma femme, à ma fille pour qui, je représente un modèle.

J’en ai marre !! de tous ces codes de merde, bleu pour les garçons, rose pour les filles, pantalon pour les garçons, jupe pour les filles, cheveux court pour les garçons, long pour les filles etc…

J’en ai marre !! de ne pas pouvoir m’habiller, me coiffer, me chausser et me maquiller comme je l’entends, sans susciter des railleries parfois très caustiques, toujours à cause de cette étiquette de mec qui me colle à la peau. Alors que une fille pourra porter pantalon, cheveux court, des couleurs bleus sans s’attirer les foudres. Sans se faire traiter de .P……

J’en ai marre !! que, pour pouvoir réparer cette erreur de la nature, je sois obligée de me justifier à nouveau, auprès de gens qui possèdent la science infuse, capables de vous délivrer ou de vous enfermer à jamais dans ce déguisement. Ceux là même, qui ont décidé, à la vue de mon image physique le jour de ma naissance du choix du déguisement.

J’en ai marre !! de vivre dans cette société ou l’on ne sait plus vivre sans devoir codifier, répertorier, classer, normaliser et malheur à vous si vous naissez avec quelque chose qui ne rentre pas dans le répertoire. Vous allez mobiliser tout l’ élite scientifique et administrative (ceux qui ont la science infuse), Que va t’ on faire de vous !!

J’en ai marre !! de ne pouvoir vivre au grand jour, au yeux de tous, sans me cacher, cette vie de femme qui est en moi, qui est la mienne, qui me torture, me harcèle, m’obsède parce que victime de répression, de frustration.

J’en ai marre !! de porter des costumes de scènes, pour amuser quelques heures, à l’ occasion d’une fête, d’un anniversaire, des gens, incapables de voir la souffrance qui se cache sous mon maquillage, parce que, cette femme exubérante qui fait le pitre, ne me ressemble pas, je suis tout autre: séduisante, discrète, calme, à la recherche de tenues vestimentaires très chiques, que je ne peux revêtir que lorsque ma femme s’absente. cherchant à vivre tout simplement ma petite vie de femme;

J’en ai marre !! aujourd’hui, j’avoue que cette vie ne m’apporte plus aucun plaisir, je la vie pour ma famille, mon entourage, elle est devenue austère, sans soleil. Mes motivations s’évanouissent à chaque jour qui s’enfuit.

                  J’ en ai marre !!!

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46 responses to Après mon instant de poésie, mon coup de blues

  1. Anhais Robert a écrit le 6 juin 2016

    Bonsoir Aline,
    Je lis ton témoignage à l’instant et je t’avoue que je ne sais quoi te dire. Peut-être, d’ailleurs n’attends-tu rien de particulier. J’aimerais trouver des mots justes et réconfortants, des formules qui ne soient pas “bateau”, pas simple. Que dire. Tu fais un panorama assez complet et assez juste (malheureusement) de ce que la plupart d’entre nous connaissent ou vivent, à quelques différences près. Le poids des traditions, des cultures familiales et des normes sociales est quelque chose d’épouvantablement lourd. Peut-être les choses évolueront-elles au fil du temps mais la société dont nous rêvons est loin encore.

    • aline laconte a écrit le 7 juin 2016

      Merci Anhais, pour ton message de soutien. Il n’ est parfois pas important, d’ apporter des conseils, juste un peu de chaleur humaine peu parfois suffire.

  2. emmanuelle a écrit le 6 juin 2016

    Aline sache ,que cette colère tu n’est pas la seule à la ressentir.

    • aline laconte a écrit le 7 juin 2016

      Bonjour Emmanuelle. A la lecture de ton profil, nos parcours se ressemblent étrangement, à part que j’ ai 20 ans de plus que toi, et que mon handicap visuel ne me permet pas de conduire. Comment cela se passe t’ il avec ton épouse?Tu es très jolie, il faut briser les liens qui t’ empêche de vivre ta vie de femme. Le temps passe vite, trop vite. Ne fais pas comme moi, à ne vivre que de regrets.

      • emmanuelle a écrit le 7 juin 2016

        Bonjour Aline , effectivement je vis la même chose que toi , Ma femme sait car je lui ai dit .A la question avec quoi je me suis mariée , je n’ ai pas su répondre .La voir souffrir ne fait qu’ amplifier mon mal être,

        Je pense que notre aptitude à resister a la souffrance nous empêche de blesser les autres et parfois partagée entre la souffrance de ne pas être soi et celle faire souffrir ceux que l’on aime ,le choix est vite fait , je ne sait pas si un jour j’aurais la force comme d’ autres de faire face à tout cela et tout perdre.
        Toutefois les choses évoluent peu a peu grâce à des lieux comme ici et celles qui comme toi nous font partager leurs expériences, elles nous permettent d’ avancer. Merci pour ça Aline

        • aline laconte a écrit le 8 juin 2016

          bonjour Emmanuelle. Tu as déjà franchi une étape vis à vis de ta femme. Elle est au courant, peut être pas à même de comprendre ce qui lui arrive par rapport à la personne que tu as envie d’ extérioriser. En général une femme épouse un homme, imagine le bouleversement psychique, peut être même la trahison qu’ on lui impose. Moi, je n’ est pas encore franchi cette étape. Après 44 ans de mariage, tout les problèmes, les difficultés de la vie, affrontés en commun, ses problèmes de santé, je me sent incapable d’ aborder le sujet. Son ouverture d’ esprit et sa culture sur le sujet de la transidentité ou transexualité, sont trop limitées. Il y a aussi, tout le tissu familiale et social tissé depuis toutes ces années. Je suis conseiller municipal depuis 25 ans, membre de plusieurs associations et je ne vois pas du tout comment je pourrai annoncer à tous ces gens qui m’ entourent, me côtoient depuis si longtemps, que demain, je ne m’ appel plus Alain, mais Aline, et qu’ au lieu de me voir en costume cravate, ils me verront en tailleur, talon, maquillée et cheveux longs!!!! Le seul issu, pour moi vivre ma vie de femme, c’ est la fuite, sans scrupule ni remord, tout casser, partir loin. Cela, on peut le faire quand on est jeune. Lorsque l’ on a 65 ans, que le spectre de la mort, au loin commence à vous guetter en ricanant, pour moi, il me semble que ce soit une partie perdue. Je ne sais quel est le degré d’ amour qui existe entre vous, fonction de celui-ci, un choix est à faire, ce choix dépendra aussi du niveau de transition que tu souhaite atteindre et de ce qu’ elle est capable d’ accepter pour bien vivre psychiquement sa vie de femme.

  3. Gisèle Roy a écrit le 7 juin 2016

    Aline, est-ce que savoir que tu n’es pas seule à en avoir marre allègera ton fardeau, je l’espère…

    Je suis de tout cœur avec toi, moi aussi j’en ai marre…

    Bises
    Gisèle

    • aline laconte a écrit le 7 juin 2016

      Gisèle, je sais que je ne suis pas seul à en avoir marre, mais il est parfois bon de extérioriser cet haine de la vie, de la vacherie quelle nous a faite. Parfois je t’ envie, tu arrive à une étape de ta transition importante, je sais aussi que ce ne sera pas la fin de ta galère, mais tu profite de ta vie de femme au grand jour, tu danse, tu sort, tu peux aller te balader ou tu veux. Tu as fait un choix à un moment de ta vie de couple, que je ne peux me résigner à faire, de plus ma femme est souffrante! J’ ai l’ impression d’ être une petite musaraigne prise dans une nasse à rat, avec la vie qui me regarde à l’ extérieur.

      • Gisèle Roy a écrit le 7 juin 2016

        Aline, que tu as raison de crier ta rage. Si cela ne change pas fondamentalement les choses, ça soulage un peu !
        Je crois parfaitement te comprendre quand tu dis avoir l’impression “d’être une petite musaraigne prise dans une nasse à rat, avec la vie qui te regarde à l’extérieur.”. Oui je te comprends, car ce sentiment je l’ai maintes fois ressenti au cours de ma vie. Ce sentiment m’a conduit bien des fois à vouloir en finir avec, …, n’ayons pas peur des mots, …, la vie. Ce sentiment m’a conduit à divorcer deux fois et d’autres fois à me séparer de ma compagne. La pauvre musaraigne que j’étais moi aussi, fuyait un piège pour mieux se précipiter dans le suivant…
        Hier soir, je crois sur Arte, repassait “La grande évasion”. Eh bien oui, j’ai un plan, dans trois mois, jour pour jour, je me fais la belle, je m’évade… L’idée même de cette liberté tant attendue et finalement si chèrement acquise me remplit d’aise, de bonheur et dans le même temps me fait un peu honte : je me sauve seule. Et puis je me dis qu’y puis-je, instinct animal, je sauve ma peau, je marche dans les pas de celles qui me précèdent, des éclaireuses sont déjà passées, …, je les suis. D’autres, je le sais, je les entends, presque je les vois, m’emboitent le pas… Que faire, si seulement je pouvais te tendre la main, te la pendre, t’emmener avec moi, avec nous…
        Je pense bien à toi, bises.
        Gisèle

        • aline laconte a écrit le 7 juin 2016

          Gisèle, je pense que tu n’ as pas à avoir honte. Ce combat est hélas personnel, comme celui des animaux dans la jungle. Même si, l’ on arrive à aider en apportant sa contribution personnel, informer du déroulement de son parcourt, des embuches rencontrées, à éviter, des erreurs à ne pas commettre, le parcourt de chacune est forcément différent, parsemé d’ embuches différentes, parfois quasiment insurmontables. En ce qui me concerne, je ne parle de cela que depuis très peu de temps, le dialogue étant impossible avec mes proches. Il m’ a fallu cette inscription sur ce site pour mieux comprendre certaines choses, me confortant dans le fait que je ne suis pas seul à vivre ce problème. Mais, pas forcément une bonne chose en soi. Mais il fait bon de pouvoir en parler, ce qui n’ est pas toujours facile pour tout le monde. Merci de penser à moi de la sorte, mais entre nous il y a un canyon qui nous sépare et je pense que ta main tendue aussi généreusement, est beaucoup trop loin pour que je puisse la saisir.

  4. Ester a écrit le 7 juin 2016

    Bonsoir Aline,
    Ton coup de blues nous le comprenons bien. Déjà c’est bien de l’avoir exprimé, de le partager avec des personnes qui te comprennent vraiment.
    Face a une situation bloquée depuis si longtemps il faudra trouver, c’est difficile, je le sais bien, le moyen de faire évoluer la situation vers un peu plus de liberté. Juste un peu plus de liberté, pas tout remettre en cause. Les personnes proches de toi doivent comprendre ton besoin, comprendre que ce n’est pas “un jeu”, comprendre ta souffrance et le sacrifice que tu fais depuis si longtemps sans qu’elles en aient conscience. D’ailleurs cette dernière chose est vraiment la plus difficile a vivre quand l’entourage n’a pas conscience des efforts que l’on fait.
    Ton coup de blues m’a émue et ce que je t’ai écris est pour t’aider.
    Bises Ester

  5. aline laconte a écrit le 7 juin 2016

    Bonjour Ester, toujours présente pour les autres. Nous avons beaucoup échangé toute les deux et t’ en remercie. Mais aujourd’hui, je suis dans le creux de la vague, et dieu sait si elle est profonde. Mon regard sur la vie a changé. Tu as constaté mes achats de robes et chaussure. J’ ai pris un risque énorme par rapport à ma femme. Mais j’ en mourais d’ envie, enfin pouvoir me regarder en jolie femme. L’ essayage de ces robes, a été un moment fabuleux, un rêve qui s’ accomplissait, j’ ai du prendre des centaines de photos. Une fois ce moment euphorique passé, la tristesse s’ est emparée de moi, et je me suis mise à pleurer, en pensant ” à quoi bon, puisque je ne pourrais jamais montrer au monde la jolie femme que je suis ” Quand à mon entourage, la non plus, pas de compréhension possible, pas même de complicité à attendre d’ amie ou copine.
    Ester, vraiment, encore merci.

  6. laura a écrit le 7 juin 2016

    bonjour, Aline, je ne peux que te comprendre.
    les copines ont déjà ( et comme souvent ) dit les mot juste. si tu ressent le besoin de parler d’avantage n’hésite pas.

  7. Johanne a écrit le 7 juin 2016

    Bonjour Aline,
    Ton coup de gueule m’a émue profondément. Je suis de tout cœur avec toi.
    Bises

  8. yukarie a écrit le 7 juin 2016

    ton récit m’a émue. Je n’ai rien à ajouter derrière les autres, sinon que je comprends ce que tu ressents pour le vivre de temps en temps.
    <3

    • aline laconte a écrit le 7 juin 2016

      Merci Yukarie, je ne m’ attendais pas à autant de petits mots de soutien, c’ est vraiment très gentil à vous toutes. Sert, cela ne règle pas mes problèmes, mais m’ apporte un peu de chaleur.

  9. ciao a écrit le 8 juin 2016

    C’est bien de chercher des ennemis dans nos sociétés qui ne sont pas faites pour les personnes en marge, mais également pour tous les êtres humains, en réalité.
    Saches que le principal coup de gueule à avoir, c’est celui contre la nature. Si tu te sens profondément femelle, rien n’apaisera Jamais cette douleur. Ni le fait de pouvoir mettre une jupe sans qu’on se foute de ta gueule, ni le fait de vivre une “semi vie”. Ce corps grossier et difforme

  10. ciao a écrit le 8 juin 2016

    Dont dame nature nous a fait l’affront de nous affubler, seule la mort peut nous en defaire.
    Toutes les mutilations ou autres séances de charcuterie du monde sont bien incapables de pouvoir réparer de telles abominations.
    alors, tu vois, je vis ma vie, je suis respectée, je suis reconnue, mais ce mal, il ne me quittera jamais.
    Plus j’avance et plus une disparition me paraît être une solution pour faire taire cette souffrance.

  11. aline laconte a écrit le 8 juin 2016

    bonsoir Bérénice. Si je suis dans le creux de la vague en ce moment, tu me parais bien négative pour une personne aussi jeune et jolie. Je t’ accord que dame nature nous a joué un sale tour, et quoi que l’ on fasse, la mort viendra de toute façon mettre un terme à tout cela !
    Mais je pense que quelque soit la souffrance que l’ on ressent, la vie à du bon, pour peu que l’ on sache apprécier ces moments là. J’ ai un handicap de plus que toi, car je suis mal voyante, et pourtant je continu à me battre, et, vaut il mieux une souffrance psychique en abandonnant l’ idée de vivre cette vie de femme, ou, une souffrance physique en vivant notre vie de femme tout en sachant, que cette vie de femme ne sera jamais aboutie. Quant à se faire foutre de notre gueule, pour reprendre ton expression, nul besoin d’ être trans pour cela, la bêtise et la méchanceté humaine est sans limite, s’ attaquent sans discernement ni respect à toutes personnes normalement constituées, handicapées, hommes, femmes ou nous. Malheureusement, il y a des personnes, que dame nature n’ a pas gâtée, parce qu’ elles sont nées con ou conne, et qu’ elles y resteront jusqu’ à leur mort.

  12. Gisèle Roy a écrit le 9 juin 2016

    Bérénice, attention nous préférerions que tu tendes la main aux autres et leur apporte apaisement et réconfort. Au lieu de ça il nous semble que tu prends un risque en témoignant comme tu le fais…

    Une suggestion (@berenice), réserve tes propos les plus noirs à ta propre présentation, merci.

    Amicalement
    ADMIN(s)

  13. ciao a écrit le 9 juin 2016

    Il m’a semblé approprié de donner mon opinion et montrer que les choses ne sont roses pour personne. Le monde des humains est un véritable enfer et les personnes atteintes de dysphorie subissent une double peine. …
    Je n’entraîne personne dans ma chute, quand on doit s’écrouler, on n’a pas besoin de “faire valoir”. Je pense qu’il est certaines choses dont les gens doivent être informés.
    Chacun est différent et rencontre ses propres problèmes, liés à son vécu, sa sensibilité ou toute autre chose très personnelle.
    Je connais beaucoup de gens qui ont réussi à gober l’illusion d’être guéris, mais quand on est trans, on le sera toujours. … c’est un état qui ne change pas, jamais. Les gens “normaux” peuvent être le plus respectueux et discret du monde, quoi que vous fassiez, vous resterez une bête de foire. C’est triste, c’est porteur d’un niveau d’injustice énorme, mais c’est comme ça. Une femme “biologique” qui a un problème et qui ne peut pas avoir d’enfants, c’est un peu pareil. Elle a été punie de ne pas pouvoir enfanter et la société et les gens “normaux” la placent en isolement et lui font payer une deuxième fois cette horreur. Pour mon cas personnel, me répéter que je suis jolie, que la vie est belle et qu’elle a plein de choses à offrir et que ce qui ne va pas s’arrangera un jour, c’est peine perdue.
    Bon courage à celles qui réussiront à se contenter des solutions, insatisfaisantes, qu’on leur proposera.
    Une chose encore, ça fait trois ans qu’on m’empoisonne. J’absorbe chaque jour de fortes doses d’un poison nommé cyproterone. Quand j’ai choisi de prendre ce chemin, j’y croyais. J’avais une santé de fer, un moral d’acier, une volonté à toute épreuve. …. Et puis, les produits ont commencé à me ronger, les administrations m’ont fait subir toute la violence dont elles sont capables, je me suis relevée beaucoup, souvent, puis, je me suis fatiguée. Tous ces systèmes fascistes aux accents de patriarcat cisgenre m’ont ramené à la réalité. Ils ont brisé mon rêve de petite fille. Ils sont en plein travail de sappe et ne sont pas loin d’avoir réussi. Même si je m’en sortais, je resterai marquée à vie par le fer rouge de la transition. Alors, vision sombre, du point de vue de certaines personnes, sans aucun doute. Mais réaliste et porteuse de message préventif pour éviter qu’on ne reproduise mes erreurs, surtout.

    • Johanne a écrit le 9 juin 2016

      Bonsoir Bérénice,
      Je trouve tes propos très noirs, non nuancés et non aidant, surtout de la part d’une personne qui est accréditée. Comment oses-tu te permettre de juger les autres, de dire que “beaucoup de gens qui ont réussi à gober l’illusion d’être guéris”. Qu’est-ce qui t’autorise à dire que c’est une illusion. Pourquoi continues-tu à prendre de fortes de ce que tu nommes un poison?
      Tu vas très mal, apparemment, et si tu veux faire passer un message préventif, inutile d’agresser les autres.
      D’autre part nombre d’entre nous connaissent les effets secondaires des antiandrogènes et le danger d’en prendre, surtout si tu ne prends pas d’autres hormones féminisantes en même temps.

      • ciao a écrit le 9 juin 2016

        Accréditée ne veut pas dire administratrice… Désolée si mes propos te choquent.

        Je ne juge personne, je donne mon point de vue sur les solutions que propose nos sociétés et qui n’en sont pas.

        Je n’ai absolument aucune idée d’où tu peux en être dans ton parcours personnel, de mon côté, j’ai vu…

        Je n’ai pas réagi à ce post pour aider qui que ce soit non plus d’ailleurs… J’ai réagi à un appel au secours par un autre appel au secours. Si au passage cela peut ouvrir les yeux a quelques personnes, j’en suis fort aise.

        Le monde ne changera jamais son regard sur les pariahs du genre, et il n’existera jamais aucun moyen humain et efficace pour guérir cette maladie.

        Il y a un an à peine, j’étais encore capable de croire au monde des bisounours, tu sais….

        Mes propos “non nuancés” sont peut être simplement mal choisis. Quand je dis “gober l’illusion d’être guéris”, je parle surtout d’acceptation de soi. je suis peut être trop binaire, mais une femme avec un pénis, c’est loin de me paraître “normal”…. Mais je sais que pas mal de gens réussissent à se faire une raison et à vivre avec un corps difforme ou mutilé.

        La société m’a fait rencontrer huit psychiatres différents et trois psychologues, déjà… Mon cas est loin d’être simple. D’où ma façon de m’exprimer.

        • Johanne a écrit le 10 juin 2016

          Bonjour Bérénice,
          Tu parles d’ouvrir les yeux et tu généralises ta vision de la transidentité et ta dysphorie de genre. Tu parle d’une maladie comme les psy de la sofec. Sur les 8 psys que tu as rencontrés, il y en a-t-il un, au moins, qui soit transfriendly?
          Ta vision est hyper pessimiste et je ne vis pas dans un monde de bisounours pour te faire cette remarque.

          • ciao a écrit le 11 juin 2016

            Dans la vie, il y a la norme, et puis, il y a les êtres de seconde zone. N’importe quel homme sensé ne viendra pas vers moi. Il privilégiera toujours une femme normale. Tout comme je n’irai jamais vers les trans lovers ou autres détraqués sexuels, privilégiant moi même les hommes normaux.
            En cela, faire partie de la cour des miracles m’interdit de me rapprocher des gens normaux et ne serait donc jamais au centre de la piste.
            La seule piste qui m’est réservée, c’est celle de la contre culture, la piste low cost….
            la piste de l’ombre.
            La délivrance dans la mort, dont j’ai parlé dans mon premier commentaire, c’est la mort dans ce monde. Cela ne signifie pas une mort physique. Juste disparaître d’un système qui ne vous reconnaîtra jamais et se construire un monde ou vous existez enfin.
            ce monde est malheureusement un monde de solitude.

  14. aline laconte a écrit le 9 juin 2016

    Bonsoir Bérénice, je voulais répondre à Gisèle, mais apriori, mon message n’ a pas été enregistré. Bref, Ton message relate à ta façon, ce que je voulais lui faire savoir. Je suis heureuse cependant que la façon de t’ exprimer, se soit adoucie. Tu as mon soutien quant à exprimer ta colère, ta hargne, car il faut reconnaitre que, face, a ces erreurs de la nature, l’ intelligence humaine est incapable de nous reconditionner à 100%, quelque soit le type d’ opération chirurgicale ( réassignation féminine ou masculine), ce ne sera qu’ une piètre ressemblance manquant de fonctionnalité reproductrice. Ce qui m’ amène à me poser la question : quelle souffrance est la moins pénible à endurer, es ce le traumatisme mental de ne pouvoir réaliser sa féminité, ou, après avoir réussi sa transition avec réassignation sexuelle, subire le traumatisme mental lui aussi, de ne pouvoir procréer !!!!! Bon ce n’ est plus ce que j’ attends à 65 ans, mais pour les plus jeunes !!!!! et, si l’ on décide de refaire sa vie avec un compagnon, lui avouer sa stérilité !!!

    • ciao a écrit le 10 juin 2016

      Tu as vu juste.
      J’ai besoin d’exprimer ma colère, moi aussi. J’en veux à ce monde qui ne fait aucune place aux personnes en souffrance, mais j’en veux encore plus à la nature.
      Après toutes les épreuves que j’ai dû endurer, j’arrive à un moment ou je ne vois ni le bout du tunnel, ni une quelconque amélioration de quelque ordre que ce soit.
      Ma santé est devenue chancelante, mon moral est au plus bas, ma vie sociale est absolument néante et la société Française continue de me traîner dans la boue.
      Pour ma part, la souffrance la plus dure à endurer, c’est le fait d’avoir perdu les plus belles années de ma vie.
      Bien sûr que le fait de ne jamais pouvoir porter les graines de la vie dans mon ventre est une douleur atroce, mais je suis convaincue que la chose la plus difficile à supporter, c’est le fait de n’avoir rien vécu. d’arriver à 40 ballets et d’avoir l’esprit aussi stérile que celui d’une gamine de deux ans…. Il est évident que les hommes dans une grande majorité fuient les personnes trans identitaires. Et personnellement, attirer les trans lovers, très peu pour moi. Être appréciée, désirée par, un homme qui ne verra qu’une femme, c’est plutôt ça le but.
      C’est tellement compliqué de mettre des mots choisis, justes et mesurés pour exprimer tout ce bordel!!!!
      Je suis convaincue d’avoir raté ma vie. Peut être que si j’avais réussi à m’accepter plus tôt, les dégâts auraient été moins graves, j’aurais sans doutes pu me construire un cercle d’amies et grandir avec elles. sans doutes que mon désir d’enfant impossible aurait été atténué…. Mais voilà, je continue à avancer dans un cul de sac, sans rien à espérer.
      La féminité dont tu parles est une chose bien dérisoire en comparaison de la rengaine de la vie. Toutes les filles qui parlent de choses et d’autres que je ne serais jamais à même de comprendre, qui tombent enceintes les unes après les autres, qui vivent les choses que vivent toutes les femmes.
      Être celle qui restera toujours sur une chaise en périphérie de la piste de danse et qu’on invitera jamais par peur du qu’en dira t on….

      • Gisèle Roy a écrit le 11 juin 2016

        Pourquoi devrais-tu toujours rester en périphérie de la piste de danse et ne jamais être invitée? Je danse, certes pas autant que je l’aimerai, mais je danse… Nombre de mes amies femmes ne sont guère mieux loties que moi. Alors en quoi est-ce une fatalité?

  15. Sophie Bourbonnaise a écrit le 10 juin 2016

    Oui c ‘est vrai, on est trans et on restera trans quoi qu’ on fasse. Il ne faut pas oublier que notre dysphorie de genre ne repose que sur notre conviction intime.
    Oui c ‘est vrai, on sera toujours vu par ceux qui connaissent notre passé comme des trans.
    Tout ce que dit Berenice est vrai mais je ne crois pas que ses propos non nuancés changeront quelque chose. Les gens continueront à faire des transitions et à vivre dans l’ illusion. D’ ailleurs, ce n’ est peut être pas si mal de vivre dans l’ illusion quand la réalité est trop cruelle. Chacun, chacune doit pouvoir vivre sa vie comme il ou la désire. Après le reste, on s’en fout.De toute façon, on va tous y passer, les bons, les mauvais, les réalistes ou les rêveurs.

  16. aline laconte a écrit le 10 juin 2016

    Je voudrais faire une remarque très pertinante, par rapport à Bérénice, et là, Bérénice,tu me diras si je me trompe. Dans les cas de dysphories de genre, c’est à dire nous, nous avons quand même le choix, d’ engager où non une transition, et de continuer à vivre avec la souffrance mental de ne pouvoir adopter les codes du genre opposé à notre genre actuel, comme moi par exemple. Dans le cas de Bérénice, la nature ne lui a même pas donné ce choix. Elle est au pied du mur, une jolie jeune fille devant gérer un dilemme sexuel qu’ elle n’ a pas souhaité. Elle est dans une situation, inverse à la notre. Paradoxalement, et ironie du sort, elle est de manière naturelle, ce que, pour beaucoup d’ entre nous, souhaitons devenir !!!!!

    • ciao a écrit le 11 juin 2016

      Si le suicide peut être considéré comme un choix, effectivement, les personnes atteintes de dydphorie ont le choix. Même une envie irrépressible de disparaître ne réussit qu’en de rares cas à démonter les garde fous d’un être, l’amenant à s’autoterminer.
      personne n’est programmé pour mettre fin à ses jours.
      En cela, il me semble que le choix dont tu parles ne peut pas être considéré comme un choix réel.
      Il est vrai que dans mon cas, il n’y avait que deux options, mourir ou continuer à vivre. Je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse se satisfaire d’une vie qui n’est pas la sienne. C’est d’ailleurs le problème central de la mienne, être forcée de subir une vie contraire à ce que je suis. Bien sûr, j’y arrive, moi aussi, puisque je suis toujours là, à tourner en rond. Je place tout de même l’espoir que la souffrance insoutenable me pousse à disparaître de cette vie invivable pour apparaître dans une vraie vie, un jour. Tu peux me croire, si je pouvais, je t’offrirai mon existence, sans aucun regret. Je doute fort que tu y trouverai le moindre plaisir.

      • aline laconte a écrit le 11 juin 2016

        Bonjour Bérénice. Je m’ excuse, car je pense avoir fait une erreur par ignorance ou mauvaise interprétation de ton anomalie chromosomique,. Je ne souhaite pas retourner le couteau dans la plaie, plaie qui saigne déjà beaucoup. Je faisais des recherches pour mon compte personnel, afin d’ essayer de comprendre pourquoi ou, qu’ est ce qui nous pousse à refuser ce corps dans lequel nous vivons, et fatalement, je suis arrivée à consulter les anomalies chromosomiques ( XXX= femme stérile, et XXY= homme stérile ) qui ne correspond pas à mon cas. La dysphorie de genre n’ étant pas une maladie, il doit bien y avoir une anomalie qui provoque ce rejet. Je te réitère mes excuses et t’ exprime toutes ma sympathie.

  17. Gisèle Roy a écrit le 10 juin 2016

    Bonjour

    Si je me suis permise d’intervenir comme admin et non pas en mon nom propre, c’est pour essayer d’attirer l’attention des rédactrices sur le ton et la forme employée sur les Forums. Intervenir trop tardivement nous le sera toujours reproché, intervenir trop hâtivement nous le sera également. Qu’importe, il nous devons le faire, …, je peux vous le concéder, parfois sous une forme quelque peu maladroite. Mea Culpa.

    « Réserver les points les plus sombres aux présentations personnelles » n’est qu’une suggestion ADMIN(s) et non une injonction. Il n’y a guère de crainte à avoir, vous savez toutes vous exprimez avec discernement…

    Il n’est jamais aisé de trouver les mots justes quand la révolte ou le désespoir nous anime, qu’importe ce ne sont que des mots. Comme en musique certains sonnent juste, résonnent agréablement à nos oreilles, d’autres parfois, sont plus grinçant, moins doux à entendre. Qu’importe donc, ils ont tous le mérite d’être là, jetés sur la page à notre attention. A nous lectrices et j’en fais partie, d’en prendre soin et d’apprendre à aller au-delà des mots, de tenter, ce n’est parfois guère aisé en première lecture, de percevoir les sentiments qui animent les rédactrices… Ces sentiments partagés parfois sans retenue, ni sans fausse pudeur ou fioriture sont l’essence même de Txy

    Vous vous exprimez, Aline, Bérénice et les autres, …, continuez de le faire ainsi, merci ADMIN(s)

  18. Aline S a écrit le 11 juin 2016

    Bonjour Aline mon homonyme,

    Ton message m’a ému, tu as raison de crier ton ras le bol.
    Tu as écrit ici de belles choses qui nous aides, nous voudrions toutes, moi la première t’aider.
    Tu as mon entier soutien, et ma compréhension. Comme l’a dit Ester, il ne faut, on ne peut tout chambouler du jour au lendemain, il te faut aujourd’hui trouver un espace de liberté où tu puisses exprimer ta féminité. Les choses se font petit à petit, pas à pas. « débarquer » demain au conseil municipal habillée en femme est un mauvais scénario de série B, oublie ce genre de choses.

    Si je peux dire, nous avons toutes imaginé à un moment donné de tout quitter pour aller refaire une vie telle que nous la voudrions ailleurs. Ca je/nous semblait la seule solution mais c’est une chimère car je rencontrerai les même difficultés qu’ici. Le carcan dans lequel nous vivons c’est la société et l’éducation qui nous l’a crée, mais aujourd’hui la prison c’est dans notre tête qu’elle est (aurait dit Ginger la poule meneuse de « Chicken Run »). Où que nous aillions nous l’emportons avec nous et c’est elle que nous devons briser.
    Le jour où nous brisons les murs de cette contrainte il n’y a plus aucune raison d’aller vers un ailleurs hypothétiquement meilleur, ici est aussi une très belle contrée.

    Je ne peux parler pour toi, je ne te connais pas assez, alors je vais parler de moi.
    J’ai commencé par laisser pousser mes cheveux. Bien sur j’ai eu des remarques, des acerbes, d’autres idiotes, … et certaines très gentilles, encourageantes. Ces dernières font un bien fou. Passer ses mains dans les cheveux qui poussent c’est un magnifique espace de liberté. Ca peu paraître des petites choses mais pour moi c’était déjà énorme. Ca m’a aussi permis de prendre un peu plus d’assurance, moi qui étais maladivement timide.

    Lorsque j’ai pu parler aux enfants qui vivent seuls avec moi j’ai pu m’habiller en femme aussi à la maison et un autre espace de liberté s’est ouvert et j’ai pris encore un peu plus d’assurance…

    J’ai rencontré des amies comme moi et nous avons pu nous inviter mutuellement et passer des soirées, des journées telles que nous sommes. Petit à petit j’ai appris à sortir en femme puis à interagir avec le monde et j’ai été encore plus à l’aise et heureuse.

    Mais tous ceci passe d’abord par l’écroulement des murs de la prison qui est en nous, que quelque part nous avons fini par accepter pour notre plus grand malheur. Franchir ce pas peut parait difficile, effrayant, cela vient uniquement de notre conditionnement, … c’est toi-même qui le pense mais la prison n’est pas fermée à clef, il te suffit d’ouvrir la porte et de sortir, c’est aussi simple que cela.

    Aline mon amie, pousse la porte de la prison qui est en toi et exprimes-toi telle que tu es, ton bonheur est à porté de main.
    Je ne peux te donner de conseil mais peut-être en parler à ta femme serait un bon début qui te libèrerait. Si j’ai bien compris elle t’a déjà vu en femme sur les planches ?
    Aline j’ai lu et apprécié tout ce que tu as écrit ici, ce dont je suis intimement convaincue est que ta couleur n’est pas le noir, c’est assurément le rose, celui dont sont faites les plus belles fleurs de nos jardins.
    Je ne sais pas où tu voudras aller, juste pour mettre en lumière, je connais personnellement sur Rhônes-Alpes une personnes qui à 64 ans commence une transition MtF et est pleinement soutenue par sa femme pour aller jusqu’à la SRS.

    Je ne vais pas répondre au fait que pour être une femme il faudrait être parfaitement femme jusqu’au bout de la procréation, beaucoup de femmes génétiques ne le sont pas, mais je vais t’offrir cette image vers le futur de ce proverbe attribué à Aristote :
    « Etre heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections ».

    BIses,
    Aline

  19. aline laconte a écrit le 11 juin 2016

    Merci Aline S pour ton message de soutien. Tu sais, aujourd’hui, il m’ est impossible, de raisonner positif. Le creux de la vague dans lequel je suis est, abyssale. En plus de mes problèmes personnels qui me semblent insurmontables, la conjoncture économique et sociale me semble tellement austère, qu’ aucun rayon de soleil ne semble capable de traverser cette noirceur.
    Je m’ efforce de répondre aux diffèrent messages. Cela m’ oblige de sortir de mes idées noires, et de constater, que, dans des épisodes de M……..il y a un peu de chaleur humaine induite par les amies, et cela fait chaud au cœur, de ressentir cette cohésion, même si, les suggestions apportées par vous toutes, me semblent impossible à mettre en œuvre. Face à cette situation, qui me parait bloquée et, afin de me sortir de cette galère, j’ envisage, de faire marche arrière, et de travailler sur l’ acceptation de mon enveloppe charnel, ce corps de mec que je trimbale depuis si longtemps. La souffrance ne devrait pas être pire. En faite tu as bien fait de me livrer cette pensée d’ Aristote: « Etre heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections ». c’ est tellement vrai !!!

  20. Valentine a écrit le 12 juin 2016

    Je suis touchée par tes écrits… juste un petit message pour te dire que je pense fort à toi et à toute les personne qui souffrent. Pour toi, pour moi, pour nous toutes… courage ! Le soleil reviens !!! :) Des bisous

  21. aline laconte a écrit le 12 juin 2016

    Bonsoir Valentine. Je te remercie de ton petit message de soutien, cela fait vraiment plaisir.
    Merci, bisous

  22. aline laconte a écrit le 13 juin 2016

    Bonjour à toutes
    Simplement pour vous remercier de votre soutien, et j’avoue être agréablement surprise par le nombre de participantes qui ont eu la gentillesse de m’offrir, solutions et écoute. C’est vraiment très chaleureux, une vraie famille toujours prête à tendre la main aux naufragées. Je suis vraiment très touchée.
    Je me suis interrogée un moment, avant de me décider à publier mes états d’âme, et je me suis dit, que, indépendamment du fait, qu’ en parler pouvait me faire du bien, cela pouvait montrer aux visiteurs ( trans en recherches, ou touristes Web ) que le parcours des personnes souffrants de dysphorie de genre, n’est pas qu’une formalité administrative et, ou chirurgicale. Que le chemin de chacune, est long, parsemé d’embûches de toutes sortes. Que nous n’agissons pas par fantasme, ou excentricité, mais pour corriger et vivre simplement cette vie de femme pour lequel notre enveloppe charnelle, n’est pas en adéquation, et la vivre non cachée, reconnue et être respectée.

  23. Marie-Pierre a écrit le 26 juin 2016

    bonjour ALINE moi ces MARIEPIERRE j habite cavaillon , j ais toujours su que j étais différente des autres et a mon époque a 17 ans j ais renoncer a ma vie de femme car c étais impossible pour moi de la vivre et donc j ais assumer cet vie d état civil qui ne me con venais pas , j ais attendu a l age de 50 ans pour dire stop et vivre ma vie de femme Trans , alors vie ta vie de femme Trans car la vie avance et la vie est trop courte pour pas la vivre … VIE TA VIE et profite bisss

    • aline laconte a écrit le 27 juin 2016

      merci Marie-Pierre, pour tes encouragements. Tu vois, se sont à peu prêt, les mêmes encouragements, que j’ ai prodigué à beaucoup sur ce site. Mais comme on dit, les conseilleurs ne sont pas les payeurs!!!!!

  24. Delphine Dentel a écrit le 26 juin 2016

    toute ma sympathie Aline. Delphine

  25. aline laconte a écrit le 27 juin 2016

    Merci Delphine, il est vrai, que je me sens plus proche de ton profil, plus proche d’ un travesti, que d’ un transgenre, en ce moment. Mais, je n’ est pas le courage de tous casser, ou ne suis je pas assez égoïste, pour ne penser qu’ à moi!!!!

  26. aline laconte a écrit le 30 septembre 2016

    Bonjour à vous toutes.
    Un petit retour, pour dire simplement, que lorsque l’ on veut chasser cette féminité qui nous obsède, elle revient au galop. Quelques anecdotes qui me sont arrivées depuis mon dernier message:
    J’ ai eu l’ occasion d’ animer début juillet, le dernier anniversaire d’ une longue série. Qui m’ a permis une fois de plus de revêtir les atours, et profiter d’ un rôle féminin, ou, je me suis littéralement éclatée. Un instant toujours trop court bien évidement !!! Ayant emprunté le Nom d’ Alison Balrom, ( célèbre trompettiste solo, que je recommande sur youtube, pour les amoureuses de trompette et picolo ) qui, pour mon sketch est devenue malvoyante, ben quoi !! , une note par page !! obligé de tourner les pages à chaque note, pour faire bref, une fois terminé, applaudissement de toute l’ assemblée. Ce qui me vaut aujourd’hui, des grands bonjour Alison !!!
    Un peu plus tard, chez moi, le téléphone sonne, je décroche, et répond ” oui bonjour ” mon interlocuteur ” bonjour Madame ……… , là, je me fâche.” Pourquoi, j’ ai une voix de femme ?” Ma femme qui a entendu, me dit ” tous le monde va finir par le savoir Aline” faisant allusion à mon addiction pour mes travestissements.
    Un mois passe, je me rend chez ma coiffeuse avec ma femme, qui me laisse m’ installer, et part faire ses courses. Une jeune coiffeuse entreprend un rafraichissement coupe garçon, et, à la fin, me dit ” Vous pouvez regarder si cela vous convient Madame” Je pense avoir rougi, je me retourne et lui demande “cela ce voit donc tant que cela ” Là, la pauvre se confond en excuse.
    Pourtant, pas de coiffure particulière, pas de maquillage, pas de rouge à lèvre, pas de vernis sur les ongles, une voix de mâle, pas de fringue féminisant. Pourtant, un peu flatté dans mon fond intérieur. Tout cela pour dire que, même sans chercher à exposer, ou oublier ce que nous sommes réellement, il y a des concourt de circonstances qui vous ramènent à ce que l’ on est, et nous replonge dans la douleur de ne pouvoir l’ exprimer librement.

  27. Ester a écrit le 5 octobre 2016

    Bonjour Aline,
    A la lecture de tes derniers témoignages il parait clair que tout le monde te considère comme une femme y compris ton épouse.
    Cela t’ouvre, me semble-t-il des nouvelles perspectives dans ton affirmation d’identité.
    Bises Ester

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