Y a-t-il vraiment des SRS en France ?

2 avril 2017 | Tags: ,

/mode polémique

Je lis actuellement énormément de témoignages post SRS sur différents forums, y compris des sites comme susans.org (et il y en a même sur Txy).

J’y trouve beaucoup d’informations relatives à l’opération elle-même et aux traitements post opératoires, pour différents chirurgiens dans différents pays, tout autour de la planète.

On y découvre aussi beaucoup d’informations intéressantes sur les complications, des plus bénignes ou plus délicates, nécessitant parfois des retouches. Et les témoignages abordent tous ces sujets sans tabou, des techniques de dilatation aux problèmes de fistules…

J’apprécie cette grande transparence de beaucoup de sœurs, qui ont le courage de parler aussi des difficultés qu’elles rencontrent pendant leur convalescence.

Alors je m’étonne de n’avoir jamais croisé ni lu aucun témoignage d’une opération ou de traitements postopératoires d’une personne opérée en France, même dans les forums privés de sites comme Txy.

Alors je me demande juste si les filles opérées en France ont signé un contrat avec une clause de confidentialité et/ou s’il y a des choses à cacher ?

À se demander presque s’il y a vraiment des SRS en France …

À vous lire …

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41 responses to Y a-t-il vraiment des SRS en France ?

  1. Julie Mazens a écrit le 2 avril 2017

    NB : il n’y a rien de moqueur dans mes propos. je constate que j’ai trouvé des dizaines de témoignages post-opé sur tout un tas de chirurgiens et pays et rien sur la France.

    Je ne parle pas d’orgasme (ni de profondeur, ni de largeur).

    Je parle par exemple sur le déroulé de l’opération, les soins pendant et après, la convalescence, le régime de dilatation, les petits tracas, et les vraies complications (fistules, adhérence, porosité …) et les retouches (le plus souvent visuelles) …

  2. Claire B. a écrit le 2 avril 2017

    Je me suis posée la question aussi. Je trouve plein de témoignages d’opération à l’Etranger avec des détails sur l’accueil, la prise en charge, la convalescence, les éventuelles complications (il y en a pas mal) mais rien en France. Peut être parce que celles qui partent à l’Etranger payent leur opération de leur poche et donc qu’elles s’intéressent d’avantage sur le déroulement du séjour, les soins apportés, les suites opératoires etc…
    En France on a l’habitude de se faire opérer sans payer quoi que ce soit, c’est vécu comme un dû de l’Etat et on ne cherche pas à en savoir plus. Peut être que je me trompe ?

  3. Sophie Bourbonnaise a écrit le 2 avril 2017

    Je ne pense pas que ce soit une histoire d’argent Claire.
    A mon avis, cela vient plutôt de la disponibilité de son chirurgien. Il est plus facile à une personne, opérée en France, de communiquer avec son médecin des suites en post op.
    Donc je pense qu’elles ressentent moins le besoin de rechercher des avis sur les forums quand elles se posent des questions sur leurs problèmes post op. Donc, au final moins de témoignages de personnes opérées en France.

    • Julie Mazens a écrit le 2 avril 2017

      la distance n’est pas un problème. Des témoignages que j’ai lu, il est facile d’obtenir une réponse de Thailande par exemple, avec une photo et une description du problème. Les petits tracas sont assez standard et les réponses bien documentées.

      Par ailleurs, les québécoises témoignent facilement de leurs opérations au québec et convalescence sur les forums québécois, que ce soit pour des points positifs aussi bien que pour les petits tracas ou les complications plus sérieuses.

      • Alexandra a écrit le 2 avril 2017

        J’ai très largement témoigné d’ailleurs, ici. Je pense que mon témoignage global a dû en aider plus d’une.

        Et oui, je confirme qu’avec Chettawut, une photo par mail en cas d’interrogation et le tout est vite résolu.

  4. Johanne a écrit le 2 avril 2017

    Il y a le témoignage d’Eva (Estéva) sur le site qui date de mars 2015. Sinon tout ce que j’ai pu voir ce sont les éloges faites à Revol sur le site de l’équipe de Paris! Et sinon qq témoignages très négatifs notamment sur bbdtrans (Terrier).

  5. Alexandra a écrit le 2 avril 2017

    Je suis plutôt d’accord avec Claire. Le fait de payer donne une toute autre consistence à la SRS.

    Le principe français qui fait que la fille ne voit pas, n’a pas conscience que sa SRS coûte en réalité aux alentours de 24000 €, qu’elle en parle même en principe de gratuité en ditnbe ucouo sur ce qu’elle attend de son chirurgien.

    Puisque c’est gratuit, on prend ce qu’on nous donne et on évite de parler des complications et des ratés. Sauf que ce comportement fait que les filles qui passent ensuite n’ont aucune indication quant aux risques pris selon les chirurgiens.

    Puis bon… comment comparer l’expertise de chirurgiens étrangers qui pratiquent parfois 299 opérations par an quand les chirurgiens français n’ont le droit d’en faire au maximum 45 par an ?

  6. Mellowdie a écrit le 3 avril 2017

    Bonsoir les filles, j’ai été oppérée en Mars 2015 à Lyon dans le cadre du Grettis je vous rassure il n’y a pas de clause de confidentialité à signé ouf :)

    Pour moi ça n’a pas été très évident le post oppératoire comme pour pas mal de monde et puis c’est vrai une fois que s’est passé on oublie un peu vite les différents épisodes galère.

    Pour faire simple je dirais que pour moi ça été une évidence de me faire oppérer à Lyon étant très proche et puis je n’avais pas l’envie de faire le tour du monde ni les moyens de payer tout les frais.

    Je dirais que je ne regrette en rien le choix du parcours ( officiel ) qui c’est vrai pourrait étre améliorer mais dans les grandes lignes est plutot bien :)

    J’ai fait volontairement court mais reste dispos en message privé.

  7. Bérénice a écrit le 3 avril 2017

    Exactement le genre de polémique ridicule qui me conforte dans la nécessité de ne pas partager mes expériences à tout va.
    Ma SMS est parfaitement conscientisée mais elle est aussi une chose extrêmement personnelle.
    Mon expérience fantastique, je l’ai partagée et en ferai bénéficier les personnes qui en ont besoin mais qui en valent la peine.
    Entre nous, je n’ai pas payé ma vagino, mais j’ai déboursé une fortune pour avoir des papiers que je n’ai toujours pas été j’ai payé toutes mes épilations, sans profiter de quoi que ce soit, là où d’autres arnaquent le système et grattent pour gruger bien plus que ce que le protocole leur octroie. Même pour mon augmentation mammaire, la secu n’a pas déboursé un centime.

  8. Agnès Jill Robert a écrit le 4 avril 2017

    C’est le genre de commentaires et de polémiques, lus plus haut, qui feront qu’un jour ou l’autre je me désinscrirai de ce site.
    Je n’aurai pas une réaction aussi vive que Bérénice mais, je veux bien admettre, si c’est le cas (je ne m’y suis pas intéressée jusqu’à présent) qu’il y a déficit sinon absence de témoignages de filles opérées en France. A mon âge, je suis encore une grande naïve pour croire qu’entre trans, au moins, on se respecte, on se sert les coudes face aux difficultés et dans toutes les différences de nos parcours, de nos choix. Eh bien je m’aperçois qu’il y a autant d’intolérance et de non respect qu’ailleurs et aussi autant de bêtise.
    Voyez-vous, je prévois de me faire opérer, je réfléchis à plusieurs options dont celle d’être opérée en France fait partie. Eh bien, par ce choix éventuel je me sens déjà placée à part, vaguement coupable de… vaguement pas “transidentitairement correcte”.

  9. Jeanne C a écrit le 6 avril 2017

    Il est vrai qu’en France l’assuré social a l’habitude de vivre en assisté qui ne paye rien et ne se soucie donc de rien…
    ce genre de mépris de nantis est en effet insupportable.

  10. Ester a écrit le 12 avril 2017

    MODERATION
    j’ai modéré le post de Berenice et la réponse (justifiée) de Agnes Jill.
    Il est important d’éviter tout ce qui est agressif.

    • Bérénice a écrit le 12 avril 2017

      Je constate, une fois de plus, qu’il existe plusieurs formes de justices… Certaines personnes insultent de façon politiquement correcte et ne sont pas censurées et d’autres, disent exactement ce que beaucoup pensent mais n’ont pas le courage d’assumer et elles sont censurées.
      C’est cela qui fait que notre monde s’effrite et que les fascismes les plus abominables gagnent du terrain.
      Bientôt, il faudra se cacher pour ne pas risquer d’être assassinée.
      J’ai peur! Sincèrement, j’ai de plus en plus peur. L’avenir ne présage que du malheur.

  11. Bérénice a écrit le 17 avril 2017

    Je ne comptais pas réagir. Mais devant les commentaires insultants, j’ai jugé bon de redire que de telles opérations sont pratiquées en France. Que certaines sont même très bien réalisées (pour avoir vu certains résultats des chirurgies pratiquées par chettawutt, je suis bien contente davoir eu le courage d’attendre en France. ) et de justifier le pourquoi du silence des filles qui veulent simplement oublier le cauchemar de toute une vie.

  12. Bérénice a écrit le 17 avril 2017

    Je ne compte plus les nombre de fois où j’ai été censurée ici, parce que mes propos derangeaient et pouvaient blesser certaines personnes. Dans le cas présent, je ne suis pas la seule à m’être sentie denigrée mais je constate que les propos qui ont déclenché ma réaction n’ont pas été censurés, là où mon commentaire l a été.

    • Ester a écrit le 19 avril 2017

      Tu écris: ++ parce que mes propos derangeaient et pouvaient BLESSER certaines personnes. ++
      Tous le problème est là! Tu n’as pas a blesser les autres.
      Ici on ne dénigre personne ou plutôt on ne doit pas le faire.

  13. Caroline M. a écrit le 17 avril 2017

    J avoue ne pas avoir compris pour ma part la polémique, n’étant pas opérée. Qu importe parqui et où l opération a lieu, l important n est il pas que cela se passe bien, et que nous trouvions chacune du reconfort et du soutien de la part de la communauté?

    • Bérénice a écrit le 18 avril 2017

      Quand on ne veut pas voir, on ne voit pas. Pourtant, le deuxième mot écrit dans cet article est bel et bien le mot “polémique ”
      Julie à écrit cet article en espérant vivement des réactions.
      À ce niveau, le but a été plus qu’atteint.

  14. Aline S a écrit le 19 avril 2017

    Bonjour Julie Mazens,

    J’en profite de ce post pour te remercier pour ce site dont tu es fondatrice et dont nous profitons toutes.

    Depuis plus d’un an j’ai fait les mêmes recherches que toi , lu beaucoup de ce qui existe en anglais et allemand et je suis arrivée à la même conclusion, à la même interrogations : Y-a-t-il des SRS en France, les patientes françaises signent-elles une charte de non divulgation des informations sur le secret des chirurgiens ?

    J’ai eu encore tout récemment l’exemple dans notre association pour une personne opérée il y a un mois en France et dont le seul témoignage publique a été une envolée mystique incontrolée suvi d’un départ en vrille, mais pas un seul mot sur son l’opération, son ressenti, les difficultés, les soins…
    Silence radio sur le sujet, « classified » ! Je trouve cela très moche.

    Hors c’est pas du tout le cas dans les autres pays. Les personnes (pas toutes bien sûr) parlent de ce moment très fort, douloureux, mais dont elles attendent beaucoup.

    Agnès, je ne pense pas que le fait qu’elles soient sur place soit la cause de ce silence. Peut-être que ici on est un peu idiot et qu’on a besoin de moins d’information, mais les témoignages ne sont pas la conséquence du besoin d’information, ils sont faits spontannément. Je pense pouvoir affirmer que toute personne qui va faire une SRS se renseigne sur ce qu’il en est. D’autres exemples contredisent aussi cela, toutes les filles du monde ne vont pas en Thaïlande ou chez Brassard, beaucoup sont opérée par des chirurgiens « locaux » tel aux US. Et là elles causent, elles racontent, elles expliquent, elle répondent aux interrogations.

    Alors pourquoi ce silence français ???

    Agnès tu parles du « pas transidentitairement correcte ». Il y a sans doute de cela. La chirurgie génitale a longtemps été très mauvaise en France même si elle s’est un peu améliorée, est contrôlée dans le carcan des « équipes officielles » qui ont une vue très sectaire de la transidentité et cela n’est pas la priorité des chirurgiens. Ceci a conduit les filles à aller voir ailleurs.

    Je le constate très bien pour les personnes de mon entourage qui se posent la question de la SRS, la réflexion se termine toujours de la même façon. La réalité est que les françaises qui peuvent aller en Thaïlande vont en Thaïlande ! En quelque sorte ce n’est pas un choix mais une nécessité ce qui induit un clivage entre celles qui ont les moyens de le faire et les autres, et le résultat n’est pas le même. Et dans notre douce France, pays de l’égalitarisme dégoulinant, avoir les moyens de faire quelque chose qu’un autre ne peut pas est très très mal vu. La règle socialement correcte est l’égalitarisme par le bas : si quelqu’un ne peut le faire alors personne ne devrait avoir le droit de le faire.
    Aller en Thaïlande devrait être tout simplement interdit !

    Ce tabou qui entoure la SRS je l’ai vu tout plein de fois à notre association.
    Petit exemple. Une fois une nouvelle fille en passe de démarrer sa transition était venue avec sa maman et sa tante très ouverte qui était un grand soutien pour elle. Je n’étais pas encore une femme très hardie et lors de la présentation j’explique où j’en suis et que mon amie et moi allons bientôt partir en Thaïlande pour faire l’opération génitale. La tante surprise m’interrompe et me demande :
    Tante – « Mais pourquoi vous allez en Thaïlande et que vous ne le faites pas ici ? »
    Moi (sentant la crispation soudaine de l’assemblée et ne voulant polémiquer) – « Heu c’est un peu compliqué, on pourra en parler après ».
    La fille – « Tata je t’expliquerai plus tard… »
    Et je m’attendais à ce que notre présidente, jamais en reste pour une réponse, une grande explication et développer comment une transition se termine (obligatoirement) par la SRS au Gretis, donne toutes les informations sur le sujet. Et bien non, l’assemblée toute entière a tout simplement ignoré la question de la Tante !

    Peut-être y-a-t-il un autre mystère mais le sujet est bien tabou et ne doit pas être abordé publiquement, c’est socialement et « transidentitairement incorrecte ».

    • Solène a écrit le 19 avril 2017

      Je pense que les “statistiques” sont biaisées. Il y a peut être moins d’informations car toutes les personnes en transition ne sont pas dans des communautés locales ou sur internet (forums, associations etc…). Les personnes prises en charge par l’équipe officielle n’ont pas forcément besoin de se renseigner par-ci par-là pour chercher des spécialistes pour l’épilation, pour la rééducation de la voix etc… ni de comment faire pour avoir l’ALD puisqu’elles suivent un “parcours” où tout a été prévu. Il y a beaucoup de personnes qui sont contentes d’être en équipe officielle, j’ai l’impression que c’est surtout le fait de rentrer dans le protocole qui est compliqué, j’ai vu très peu de personnes DANS le protocole se plaindre de l’équipe.

      Globalement, sur TXY il y a peu de personnes en parcours officiel, la plupart des personnes qui viennent ici pour faire leur transition cherchent des adresses pour faire leur parcours en parcours libre, en retour elles viennent souvent aussi raconter comment cela s’est passé pour elle avec tel ou telle spécialiste.
      Pour répondre à Aline, si je ne suis pas allée me faire opérer à Lyon, c’est par soucis de délai, sinon c’était mon choix initial mais je ne pouvais pas supporter l’attente de 4 ou 5 ans.

      • Aline S a écrit le 19 avril 2017

        Solène, as-tu as raison sur les statistiques pour Txy, encore que je vois ici une bonne partie de celles dans mon entourage (région Rhône-Alpes) qui sont au Gretis. Mais elles causent toutes aussi ailleurs, Facebook par exemple, et même ailleurs, curieusement elles causent de tout … sauf de la SRS au Gretis !

        Aujourd’hui à Lyon il n’y a plus aucun obstacle à rentrer dans le parcours officiel, c’est long, faut juste prendre ses gouttes. 1 an pour voir le 1er psy, puis quasi 1 an si l’on se débrouille bien pour commencer le THS, puis au moins 3,5 ans d’attente pour la SRS. Un tout petit peu moins si on accepte de se faire opérer par le petit nouveau sans expérience… Ce qui fait 5 ans dans le meilleur des cas (et en augmentation) ! A part cela tu as raison, la plupart des personnes sont contentes, elles n’ont d’autre choix. Avancer dans ce système est bien mieux que leur état d’avant, une réelle amélioration.

        Mais absolument personne n’a envie d’attendre 4 ou 5 ans à poireauter dans la tuyauterie des équipes officielles, aucune d’entre nous ne peut supporter cela si elle a une autre solution. Ce qui montre bien ce que je constate : les françaises qui peuvent aller en Thaïlande vont en Thaïlande ! et c’est aussi mon cas.

  15. Agnès Jill Robert a écrit le 19 avril 2017

    Bonjour,
    Je me suis récemment rapprochée du Grettis en vue de la SRS, après un an et demi de traitement engagé et suivi avec des médecins de mon choix. En “parcours libre” comme on dit.
    J’appréhendais des difficultés, je redoutais qu’on veuille me faire repasser par la case départ, reprendre tout à zéro et tout le toutim. Ce ne fut pas le cas. J’ai été reconnue et acceptée dans la continuité de mon parcours et j’ai d’ores et déjà plusieurs rendez-vous programmés d’ici juillet avec les différents médecins de l’équipe hospitalière.

    Pourquoi ce choix ? Je suis partie de trois constats. Le premier, c’est que j’ai réalisé que j’avais intégré une opinion (très) négative sur le Grettis (et les équipes dites “officielles en général) mais qu’en fait cette opinion ne reposait sur rien de tangible, que c’était une opinion d’occasion en fait, car forgée par mes lectures sur des forums et non par mon expérience et mon jugement personnel. Ce qui déjà me pose un petit problème d’éthique personnelle. Qu’on me comprenne bien : je ne suis pas là pour faire l’éloge des équipes hospitalières ni pour croire que c’est une solution idéale. Je cherche juste à être objective et voir ce qui fonctionne le mieux pour moi.

    Le deuxième, c’est que je me suis laissée dire que les opérations réalisées en France avaient connu ces dernières années de réelles améliorations. Pure légende, manoeuvre marketing, réalité ? Je compte bien me renseigner sérieusement sur le sujet. D’ailleurs j’ai deux amies récemment opérées à Lyon, dont une par “le petit nouveau”, comme tu dis, Aline, donc j’aurai du vécu authentique.
    Alors je me suis dit pourquoi pas me faire opérer en France, où tout de même on a pas le système de santé de plus mauvais du monde. Si ? Rassurez-vous, je ne suis pas (totalement) naïve à propos du rapport médecins-patients en France, et sans parler exclusivement de la transidentité, d’ailleurs. Cf les livres de Martin Winckler.

    Le troisième, c’est le suivi post-op. Quand tout va bien, tout va bien. Mais s’il y a un problème ? Pas un petit bobo ou une petite rougeur, hein. J’envoie une photo au chirurgien et c’est réglé ? Magique. Ou bien je saute dans le premier avion pour la Thaïlande ? Facile.
    A ce sujet, chose peut-être un peu méconnue mais qui m’a été rapportée, il ne serait pas rare que des chirurgiens français fassent des retouches sur des opérations réalisées à l’étranger. Je laisse ceci au conditionnel car je n’ai pas d’autres éléments plus précis à ce sujet.

    Enfin, voilà à quelles conclusions j’en suis arrivée et je m’empresse d’ajouter, avant de recevoir une volée de bois vert, que l’option Thaïlande reste pour moi d’actualité. C’est révélateur de se sentir obligée de dire ça. Non ? Tout simplement parce que je cherche à rester objective, pragmatique et à me faire une opinion de ce qui sera le mieux pour moi au final.

    En vérité, la prise en charge éventuelle de mon opération par l’Assurance Maladie me pose un vrai problème moral. Puis-je décemment faire porter ce coût par la collectivité ? Ah bien sûr, si cette intervention revêt un caractère thérapeutique, cela pourrait faire taire mes scrupules. Hors, je ne suis pas malade, je refuse, comme nombre d’entre nous je pense, la pathologisation de mon parcours transidentitaire. Et pourtant, je n’ai pas dit non quand mon médecin m’a dit : je vais vous faire une demande d’ALD. Affection de longue durée. Mais après tout, la grossesse n’est pas non plus une maladie et elle nécessite bien un suivi médical. Cruel dilemme qui n’est pas tranché, loin s’en faut. Si quelqu’un a des arguments sur la question, je suis preneuse. Des arguments ou des éclairages, hein. Pas des anathèmes ou des jugements péremptoires.

    Voyez-vous, pour en revenir au sujet initial, je m’engage à témoigner ici de mon parcours, si je reste dans le circuit hospitalier (mais aussi dans le cas contraire, d’ailleurs) avant opération et après opération. Et si toutefois je ne me suis pas débranchée entre temps, lassée des polémiques stériles et des commentaires méprisants et condescendants publiés parfois sur ce site.
    Selon moi, là réside certainement une des raisons pour lesquelles des filles opérées dans le cadre des équipes dites “officielles” ne témoignent pas ici.

    • Laure a écrit le 20 avril 2017

      Bonjour,

      J’ai “intégré” l’équipe du Grettis en 2014 alors que j’avais déjà fait ma transition pas le parcourt non officiel (psy, ando, dermatho, orthophoniste etc) dans le privé. La prise en charge par l’équipe après le privé ne leurs a pas posé de problème et j’ai été autorisée rapidement à programmer l’opération.

      A lyon, comme ailleurs surement, le ressentis de l’équipe dépend grandement des médecins rencontrés. Contrairement au parcourt dans le privé on ne peux changer de médecin qui ne convient pas. Tous n’ont pas été aussi agréable que je l’aurai voulu, d’autre ont été formidable…c’est la loterie. Je vais me faire opérer par Morel-Jounel d’ici moins d’un mois et je ne regrette pas mon choix de passer en France.

      Sur le plan financier je pense que l’on a pas a culpabiliser de faire payer la sécurité sociale. C’est une approche un peu brutale et horriblement comptable que la sécurité sociale applique globalement.

      La secu procède de façon pragmatique et fixe ses règles de remboursement des traitement médicaux très onéreux par ce biais, et de manière générale les politiques globales de santé publique s’appuient sur ce genre de raisonnement…

      N’importe quel habitant en France rapporte à l’état. (on parles de plusieurs millions d’euro sur une vie, 4 ou 5 en moyenne je crois).
      Mon ald coute 900€ par an, mon opération en France 15000€? 30000€?
      On voit tout de suite qu’il est plus rentable pour l’état de payer quelques traitements à une personne qui en a besoin pour vivre plutôt que de risquer de perdre tout à cause d’un suicide.

      Je trouve horrible d’attribuer une valeur à une vie et je n’en parle ici que faire comprendre que l’on a pas besoin de culpabiliser d’être prise en charge financièrement par la société, on lui rapporte beaucoup plus…

      • Camille a écrit le 20 avril 2017

        Bonjour Laure,

        Je crois qu’on a d’autant moins à culpabiliser que : d’une part nous cotisons pour bénéficier de ces droits ; d’autre part, aucun(e) d’entre nous, homme ou femme trans, n’a demandé à naître ainsi.

        De plus, il faut relativisé le déficit sois-disant “abyssal” de la sécurité social. En 2014, ce déficit s’élevait à 14 milliards d’euros pour un budget total de 300 milliards. La même année, l’état à fait cadeaux de 40 milliards d’euros en remise de cotisation au entreprises.

      • Camille a écrit le 20 avril 2017

        Combien de temps auras-tu attendue entre le moment où ton dossier à été validé et l’opération que tu subira d’ici peu, s’il te plais ?

        on m’a parlé de 5 ans d’attente.

        A bientôt,

        Camille

        • Laure a écrit le 21 avril 2017

          Le temps d’attente avant d’être sur la liste des “opérables” est extrêmement variable, cela va dépendre de ton parcours personnel.
          Mon cas n’est surement pas représentatif puisque j’avais déjà fini mon parcours (sauf cette opération) quand j’ai été les voir. A l’époque j’étais suivie par un psy depuis 3 ans, par mon ando et sous hormones depuis 2, transition faite partout y compris au boulot, et j’ai eu mes papiers quelques mois après le 1er rendez-vous au Grettis. Donc cela a pris sept mois avant d’être sur la liste mais je crois que c’est plutôt rare qu’il voient des gens ou tout est “fini”.
          Une fois sur la liste il faut attendre entre 2ans et demi et 3 ans avant d’être opéré. Ça a pris un peu moins de temps pour moi parce que une personne s’est désistée et j’ai pu être programmée plus tôt du coup.
          Si tu fais le parcours depuis le début 5 ans ne me parait pas invraisemblable, mais encore une fois cela dépend de chaque personne et on ne peux donc pas généraliser les délais.
          Laure

          • Camille a écrit le 21 avril 2017

            Merci pour ta réponse, Laure.

    • Ester a écrit le 21 avril 2017

      Je remarque les questions qu’Agnès se pose sur la justification du remboursement ou non par la sécurité sociale (donc l’ensemble des français) des opérations liées à la transition transsexuelle. Je n’avais pas abordé cette question jusqu’a maintenant pour plusieurs raisons (je ne souhaite pas de CRS, plutot une AM).
      Mais je trouve que la question mérite d’être posée et que, de mon point de vue, le remboursement ne va pas de soi.
      La comparaison courante avec la grossesse et la prise en charge des soins n’est pas pertinente: la SOCIETE a intérêt a ce que les naissances se passent dans les meilleures conditions aussi bien pour la mère que l’enfant. il y a DEUX vies en jeu.
      Dans le cas des transsexuelles rien de tout cela.
      Alors bien sûr, on est bien contentes de pouvoir se faire rembourser des opérations…

      • Claire B. a écrit le 21 avril 2017

        Je ne vois pas en quoi on culpabiliserait de se faire rembourser la srs par la sécu. C’est juste une question de survie. Si on va jusqu’à l’opération ce n’est pas une question de confort mais pour se donner une chance de peut être arriver un jour à ne plus avoir envie de mourir en se voyant dans le miroir.

  16. Ester a écrit le 19 avril 2017

    C’est curieux en France quand on parle de cette chirurgie on semble oublier (occulter?) le fait qu’il n’y a pas a choisir QUE entre la France, La Belgique et la Thaïlande. L’opération est faite dans bien d’autres pays aussi. Je ne sais pas pourquoi c’est comme ça depuis toujours.
    Sur d’autres forums j’avais commencé une discussion intitulée ++La légende des chirurgiens français++ elle a été suivie de plusieurs centaines de commentaires. Si j’ai écrit au pluriel forum c’est que certains ont fermés.L’une des personnes d’un forum qui avait fermé a repris le titre sur les forum suivant: voir https://transidentit.es/forum/search.php?PostBackAction=Search&Type=Discussions&Advanced=1&Keywords=l%C3%A9gende&Categories=&AuthUsername=&btnSubmit=Rechercher
    Aux dernières nouvelles il y avait 639 commentaires le dernier du 30 mars 2017

  17. Aline S a écrit le 20 avril 2017

    Il ne faut pas oublier un élément fondamental dans la SRS en France, c’est de la chirurgie.
    Et je peux vous assurer pour très bien connaitre ce sujet que la réussite d’une opération dépend essentiellement de la pratique du chirurgien. Il y a des bons chirurgiens qui font cela tous les jours voir 2 fois par jours et des « moins bons » qui font cela occasionnellement. Un moins bon chirurgien peut réussir l’opération, c’est une histoire de pourcentage de réussite. Si je tombe sur le jour ou tout va bien je vais dire qu’il est super, mais si je tombe sur les jours moins glorieux… et bien tant pis pour moi, fallait pas prendre ce risque et puis zut et crotte il n’y a pas de 2ème essai possible, c’est raté !

    Voilà c’est assez simple, c’est une histoire de pourcentage de réussite.

    Maintenant qu’en est-il pour la France : 150 SRS en 2015, un tout petit peu plus en 2016 et cela réparti sur 4 équipes et 5 chirurgiens dont le petit nouveau, je vous laisse faire le calcul .
    Waouh le score ! Pour mémoire on ferme les maternités et autres bloc-opératoires lorsqu’il y a moins de 50 opérations d’un type effectué car elles sont considérées comme dangereuses. Et je peux vous affirmer qu’à 50 opérations par ans faut pas s’y risquer ! Morel à Lyon fait mois d’une SRS par semaine car c’est pas du tout sa priorité, c’est un chirurgien urologue qui a l’obligation de faire toutes les opérations de sa spécialité qui se présentent, hôpital publique oblige.

    Et en Thaïlande : Kuporn en fait près de 200 par ans, Chettawut plus de 250 et cela depuis plus de 10 ans. D’autre comme Brassard ont des scores similaires. Chettawut a fait plus de 3000 SRS, le meilleur française Morel même pas le 10ème.

    Voilà il n’y a pas besoin de faire grands calculs pour comprendre que le risque que ça merde, que ça soit mal fait ou inesthétique est beaucoup plus grand en France. Et n’oublions pas que Kuporn et Chettawut sont des chirurgiens esthétique, tout est dit.

    La légende des chirurgiens français n’est pas une légende mais bien une réalité. Ils ne pratiquent pas assez et ne sont pas des chirurgiens esthétiques.

    Alors quand j’entends « je n’avais pas trop envie d’aller à l’autre bout du monde pour ma SRS » ou « pourquoi pas me faire opérer en France » il faut arrêter de se voiler la face. Nous choisissons nous-même le risque que l’on estime acceptable en fonction (gros mot en France) de nos possibilités financières. Les filles qui peuvent aller en Thaïlande vont en Thaïlande.

  18. Camille a écrit le 20 avril 2017

    Je ne crois pas que le problème soit que les chirurgiens français officient dans le public plutôt que dans le privé, mais plutôt que la SRS n’est pas une spécialité médicale reconnue en France.

  19. Ester a écrit le 21 avril 2017

    Bonjour,
    Je partage l’opinion et l’analyse d’Aline sur les chirurgiens français et nombreuses sont les transsexuelles a voir ainsi la situation. Telle quelle la situation est figée depuis des années.
    Je lis parfois que des étrangères viennent se faire opérer en France, je ne sais quoi en penser. En tout cas si c’est le cas ça allonge les délais de RDV.

  20. Lise a écrit le 1 juin 2017

    Je comprends tout à fait le raisonnement d’Aline qui me semble correspondre à un fait – la plupart des Françaises qui le peuvent et souhaitent une SRS vont en Thaïlande -; mais il faut aussi essayer d’éviter d’assigner toutes celles qui ne le peuvent pas à une attitude de ressentiment ou “d’égalitarisme par le bas” qui n’est pas forcément la leur. Même si cela paraît utopique dans les conditions actuelles, mieux vaudrait peut-être se battre pour une prise en charge (même partielle dans un premier temps) des opérations hors EU et la fin du monopole des équipes SOFECT en France pour forcer la pratique chirurgicale à progresser, afin que tout simplement la SRS soit à terme accessible à tout.e.s dans les meilleures conditions et dans des délais acceptables. Personnellement, j’ai choisi d’aller à Gand (j’ai réussi à obtenir un formulaire de la sécu) en pesant ce que je pouvais me permettre financièrement (la Thaïlande étant malheureusement exclue pour cette raison, il faut bien que je mange), ce que j’ai pu avoir comme retours et explications sur la chirurgie et mes échanges avec l’équipe médicale sur place. Parfois, je me sens privilégiée d’avoir pu faire ce choix; mais parfois aussi je peste contre l’attente, sans pour autant en vouloir à celles qui n’ont pas à passer par là car je sais très bien que si j’en avais eu les moyens je n’aurais pas accepté de tels délais. Tout cela pour dire qu’on peut à mon avis aussi penser la question en terme “d’égalitarisme par le haut”: essayer de lutter pour une meilleure chirurgie pour tout le monde, dans le respect de chacune.

  21. Gisèle a écrit le 8 juin 2017

    Paradoxe, c’est parque j’ai attendu toute ma vie, qu’enfin j’ai pu. Qu’aurais-je fais si 30 ou 40 ans plus tôt j’avais “voulu” ? Aurais-pu? Cela dit j’ai pu et mes économies se sont évaporées à vitesse grand V et ce ne sont pas mes lettres, mails ou appels désespérés à la sécu qui y ont changé quelque chose. C’est, je suis d’accord avec celles qui le pensent, une profonde injustice, une hypocrisie sans nom. La prise en charge des opérations réalisées hors UE mérite un combat, il le faut… 😉

    « Pourquoi est-ce toujours les vieille peaux qui s’achètent les plus belles voitures », voilà une question que je me suis posée bien des fois lorsque j’avais vingt ans. Quarante ans plus tard, j’ai la réponse. Ah les vieilles peaux… 😉 Soyez assurées que je ne parle pas de moi, les vieilles se sont les autres car depuis la fonte de mes économies j’ai retrouvé mes vingt ans. :-)

  22. Béatrice Renier a écrit le 5 août 2017

    Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été très étonné(e) de trouver très peu de témoignages sur les transitions et les opérations chirurgicales en France, lorsque j’ai décidé de le lancer. Sur la plupart des sites, hormis des conseils très utiles sur les “coming out”, sur les sorties, sur les questions administratives, etc, on trouve surtout un rejet systématique des équipes médicales françaises, qualifiées avec mépris d'”officielles”. Je sais bien que c’est un vrai “réflexe” français de râler en permanence et de considérer qu’il vaut mieux aller voir ailleurs. Pourtant, je n’ai jamais entendu dire que les opérations de réassignation en France étaient le plus souvent ratées et que les accidents étaient fréquents. J’ai commencé mon “parcours” il y a un an avec l’équipe de l’Hôpital Foch, à SURESNES (équipe “officielle” parisienne). Tout se passe parfaitement bien avec tout le respect, l’écoute et les précisions que l’on peut attendre et espérer. Le mois prochain, je passerai une journée à l’hôpital pour analyses, contrôles et explications avant le début du traitement hormonal. Puis, je cheminerai tranquillement vers l’opération. Comme disait l’une d’entre nous, la grossesse n’est pas une maladie, mais elle nécessite un suivi médical; pour nous, c’est pareil, ce n’est pas pour cela que nous sommes des malades ou des folles.
    J’ai participé à deux réunions d’Outrans, très intéressantes, mais ce qui m’a le plus déplu est cette défiance totale à l’égard des médecins hospitaliers. Il ne me semble pas anormal que toutes les précautions soient prises tant sur le plan psychologique qu’hormonal. Notre choix n’est pas anodin. Pour ma part, je ne me suis jamais sentie considérée comme une “malade” par les médecins. Alors, tout comme je respecte les choix de ceux ou celles qui préfèrent d’autres cheminements, merci de respecter le nôtre. Et je suis prête à vous faire part de mon cheminement… Notre but est le même, mais la tolérance est une valeur à ne pas oublier.

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